Transcript de l'épisode
Bonjour et bienvenue à l'art d'être humain, votre complice pour comprendre et embrasser la complexité, la beauté et les défis d'être humain. De la salle de réunion au salon familial, dans votre relation avec vous-même et avec les autres. Car, vous le savez, l'expérience humaine est remplie de défis et, à la fois, immensément belle.
Être humain, c'est être capable de tenir ces deux vérités à la fois. C'est embrasser cette complexité et c'est tout un art. Je suis Pascale Dufresne et à chaque épisode où se mélangent la science et l'art du développement humain, j'explore avec vous une question sous des angles nouveaux et révélateurs, car je marche cette route d'exploratrice avec vous à partir de ma propre expérience. Bonjour tout le monde! Nous sommes au milieu de l'été, je dirais, au mois d'août, et je prends le temps d'enregistrer un épisode que j'ai écrit il y a un bon petit moment déjà.
Et la question que je veux explorer avec vous aujourd'hui est la suivante. « Et si l'introversion n'était pas synonyme de retrait, mais de tension créatrice? » Peut-être comme moi, vous en avez entendu suffisamment parler de cette notion d'introvertie, d'extravertie, d'ambivertie, surtout quand on tente de nous mettre dans des cases bien définies. Alors, c'était pareil pour moi, jusqu'à ce que je tombe sur ce texte de Scott Barry Kaufman et de Susan Cain. Je vais vous mettre les références à la fin du balado. Alors, Susan Cain, dans Le pouvoir des introverties, nous a brillamment éclairés sur cette dualité qui révèle la richesse intérieure des introvertis dans un monde qui valorise l'extraversion.
Mais que faire quand on ne se reconnaît pas totalement dans cette dichotomie? Quand, malgré notre évidente introversion, ce besoin viscéral de solitude pour recharger nos batteries, il subsiste en nous une flamme sauvage, une curiosité insatiable qui nous pousse vers l'extérieur. Bienvenue dans le monde fascinant des « wild introverts ».
J'ai tenté de traduire « wild introverts » en français. Il n'y avait rien qui faisait mon affaire, alors merci de me suivre là-dedans. Alors, qui sont ces « wild introverts »? C'est cette personne qui annule trois, cinq à sept d'affilée, puis qui part spontanément en road trip en Gaspésie pour monter seul le Mont-Albert.
C'est cet ami qui disparaît mystérieusement d'un party, sans dire bye-bye, mais qui t'envoie à trois heures du matin un article fascinant sur la conscience des pieuvres. On est ces êtres paradoxaux, profondément introvertis dans notre fonctionnement énergétique, donc vidés par les interactions sociales prolongées, mais dotés d'une curiosité intellectuelle et d'une ouverture à l'expérience qui rivalise avec celle des extravertis les plus enthousiastes. Alors, comme l'explique Kaufman, c'est cette ouverture à l'expérience, cette soif de découverte qui nous distingue. On est comme des explorateurs contemplatifs, des aventuriers silencieux. Et pour vous raconter ce que ça donne concrètement d'être une wild introvert, eh bien, j'avais envie de vous démontrer ça par une histoire, au lieu de vous emmener seulement les concepts. J'espère que vous aurez autant de plaisir à l'écouter, que vous trouvez ça divertissant autant que j'ai de plaisir à l'écrire. C'est l'histoire d'une wild introvert un mercredi soir. assez ordinaire ou pas assez ordinaire. Alors, bonne écoute et on se retrouve après pour continuer à parler des wild introverts.
Vous savez, moi, normalement, le mercredi soir, je suis en pyjama à 8 heures. Mes arbres, une tisane, un livre, une série, la paix royale. Comme si le monde extérieur pouvait bien tourner sans moi. Mais là, j'ai dit oui à un 5 à 7. Je sais. Qu'est-ce qui m'a pris? J'ai osé fendre la membrane invisible qui sépare mon monde silencieux d'un vacarme organisé. comme une rupture du contrat tacite que j'ai passé avec mes forêts intérieures. Un moment d'égarement? Une expérience anthropologique? Un test d'adrénaline, peut-être? Bref, fraîchement débarquée de mon cocon sylvestre, je me retrouve catapultée dans ce qui ressemble davantage à une jungle urbaine.
La musique des années 90 qui tape sur les tympans, une foule compacte. J'arrive au bar, il y a du monde partout. Et mon cerveau panique. Erreur. Erreur de système. Retourne chez toi. Je cherche une surface calme où déposer mes pensées parce que les battements de mon cœur résonnent plus fort que les discussions ambiantes. Je me trouve un coin tranquille. J'observe. C'est ça que je fais, moi, dans les parties. J'observe. Comme si j'étais dans un documentaire sur la faune et la flore, mais avec des humains qui boivent de la bière et du rosé. Je m'émerveille de voir comment certains naviguent dans ces eaux sociales, comme des poissons dans leur habitat naturel.
Tandis que moi, j'ai plutôt l'impression de marcher sur des galets avec ces carcans de cuir en forme de souliers propres, achetés pour l'occasion. Après quelques heures, tu ne songes qu'à te promener en bas de laine. Coincée. Je me sens coincée comme un poème dans un rapport de taxe. Hey, ça fait longtemps. Comment ça va? J'entends la voix de cette ancienne collègue. Je me retourne lentement en réfléchissant à mon plan de match. Je me dis « Fais confiance, elle veut vraiment savoir ». J'allais lui raconter que dernièrement, j'avais des larmes de joie en regardant la lumière du matin, que je me sentais tellement vivante dans ces moments-là et en même temps terrifiée, de ne pas pouvoir tout faire dans l'espace d'une vie. J'allais lui raconter l'épiphanie que j'ai eue l'autre jour après cinq jours complets en silence, en conversation avec moi-même. Mais je lui ai dit « Ah, ça va, très bien, et toi? » Mon cerveau me murmure « Traître ». Mais mon cerveau, c'est lui le traître. Il veut toujours philosopher. Il hurle des questions fondamentales. Il me torture d'existentialisme quand le monde exige légèreté. Mais ce soir, je me l'étais promis, je ne serais pas l'étrange qui cherche du sens là où on ne demande que des nouvelles. Mon ancienne collègue me parle de son nouveau chum, de son nouveau condo, et elle me dit que je n'ai pas changé. Je souris, parce que j'ai l'impression d'avoir mué huit fois depuis la dernière fois qu'on s'est vues. Elle me dit qu'on a eu un bel été. Alors je réponds, oui, un bel été. Puis, silence.
Le genre de blanc où t'entends ton cerveau te juger en chichotant, c'est que t'es plate, hein? Je m'excuse, je me sauve, direction les toilettes. Le refuge des overthinkers. Je texte une de mes amies, je suis prise dans un 5 à 7, envoie des secours. Elle me répond, respire.
Et elle m'envoie une photo d'elle confortablement installée en pantoufles devant son feu de foyer. Je relève pas l'ironie, je respire et je retourne au bar. Et là, je la vois, cette fille, seule, avec un livre qui dépasse de son sac. Nos regards se croisent. Je lui dis « Je ne suis pas la seule à apporter un livre à un 5 à 7. » Elle me répond « Faut croire. » Je lui montre le contenu de mon sac à dos, deux livres, mon carnet d'écriture, des crayons de couleur, mes écouteurs anti-bruits.
Bref, j'étais prête pour un 5 à 7, un voyage chamanique et un bunker post-apocalyptique. On rit, mais pas un petit rire poli de surface, un vrai rire de ceux qui font fondre les masques. On jase pour vrai. On parle de comment c'est tout un paradoxe d'être introverti et d'aimer le monde. D'être comme un panda contemplatif, qui pourrait être le portrait tout craché d'un introverti, mais comme toute caricature, ça manquerait de nuances. Je lui confie que je balance souvent entre deux pôles. Oui, le panda méditatif une journée, mais le kangourou extatique le lendemain. Comme si ma peau contenait deux armes contradictoires qui se disputent l'espace de mes veines.
L'introversie n'est jamais ce que l'on croit. Elle me dit, moi je pense qu'on a des animaux sauvages déguisés en employés de bureau. Je suis conquise. Et là, mes amis me font signe. C'est notre chanson du temps qui joue. Je me lève, on ouvre le dance floor. C'est la tradition sacrée de notre groupe.
Il fut un temps où j'étais celle qui dansait jusqu'à l'aube, celle qui transformait l'immobilité en mouvement, une communion rythmique. Mon physique qui parle quand ma bouche se tait. Mais bon, il est minuit. Ma batterie sociale, ce petit animal à durée de vie ridicule, est vide. Donc, disparition. Ninja, l'art ancestral de l'introvertie en fuite.
C'est la stratégie incontournable du répertoire de toute introvertie qui se respecte et elle est déjà en branle. Je m'éclipse discrètement, suivie de ma comparse, pour ne pas interrompre les conversations qui vont bon train. Introvertie, peut-être, mais certainement pas casseuse de parté. On se dit au revoir sur le trottoir. On partage une promesse de se revoir.
Promesse qui ne se matérialisera peut-être jamais, mais elle a le goût de la complicité et ça goûte bon. L'Uber devient une capsule décompressive. Je m'effondre sur le siège arrière, le corps vidé, mais l'esprit en ébullition, comme si mon pendant intérieur venait de courir un marathon. C'est un épuisement fertile. Les idées jaillissent maintenant que le brouhaha s'éloigne.
Je sors mon petit carnet et je prends des notes. Le chauffeur me sert de ma bulle. Ça s'est bien passé ce soir? J'hoche la tête avec un sourire poli. J'ai plus une once d'énergie pour placoter. Le chauffeur m'offre. C'est précieux d'apprécier les bons moments. C'est Gibran qui a dit que nous ne vivons que pour découvrir la beauté.
Tout le reste n'est qu'attente. Je relève le regard, intrigué. Il me lance un clin d'œil complice dans le rétroviseur. Touché, je note la citation sur mon sel. Le trajet se déroule dans un silence étonnamment confortable. Quand j'arrive chez moi, je me tourne vers lui. Vous vous appelez comment, monsieur le chauffeur philosophe? Mon nom est Jean, madame Jean.
Merci, Jean. Là, vraiment, je peux dire que j'ai eu une belle soirée. Déconstruction complète en rentrant chez moi, souliers et soutien-gorge abandonnés comme des armes inutiles, mon corps libéré des contraintes, un retour à l'état sauvage de mon être véritable. Mon corps garde encore le souvenir des vibrations musicales, une empreinte kinesthésique. Demain, je serai à nouveau la silencieuse.
Ce soir, j'ai libéré la danseuse qui sommeille sous les couches de silence. On n'est pas obligé d'être panda ou kangourou. On peut être les deux. Et Jean avait raison. Elle est là, la beauté, dans ses paradoxes. Les introvertis sont des animaux sauvages qu'on croit domestiquer. Nous sommes wild à notre façon. Ah là là!
J'espère que vous avez apprécié. Est-ce que vous vous êtes reconnus? Écrivez-moi, je lis tout, et comme toute bonne wild introvert, je savoure chaque échange profond. Bien hâte de vous entendre, de vous lire. Alors, pour ceux qui ont envie, on continue. J'avais envie de vous parler plus en profondeur de ce que c'est qu'être un wild introvert, les paradoxes qui nous définissent, notre relation complexe avec les autres, notre relation au temps et à l'attention, comment on navigue dans le monde, comment on s'exprime de façon unique, et notre contribution unique aussi, et ce que ça veut dire dans le leadership. Et finalement, voir des pistes, comment est-ce qu'on peut embrasser notre nature paradoxale.
Alors voilà, on se lance. Les paradoxes qui nous définissent comme « wide introvert », on vit dans un état de tension créatrice constante. On a besoin de solitude, mais on craint l'isolement intellectuel. On déteste les conversations de surface. Hé, il fait fret aujourd'hui, hein? Mais on peut jaser pendant des heures de sujets qui nous passionnent.
On est épuisé par les interactions sociales, mais énergisé par les échanges d'idées profondes. On préfère observer de loin, mais on est capable de plonger intensément quand quelque chose pique notre curiosité. On chérit notre petite routine quotidienne, mais on rêve d'expériences transformatrices. Alors, le wild introvert, ça pourrait être cette personne qui lit avidement des récits de voyages au bout du monde, confortablement blotti dans son chalet avec une bonne tisane. Moi, je dis ça comme ça. C'est ce paradoxe incarné. On est caissanier, mais notre esprit, lui, voyage constamment. Notre relation complexe avec les autres.
Alors, je dirais que notre façon d'interagir avec le monde social est tout aussi paradoxale. On possède cette capacité à nous connecter profondément avec une seule personne dans une foule, comme créer une bulle d'intimité au milieu du chaos. Et avec cette même personne, on va jaser pendant trois heures d'existentialisme au milieu d'un party, où la playlist oscille entre Cain, les cow-boys frinquants, l'électro, etc. Les Wild and Travers sont souvent aperçus comme un peu mystérieux, même des fois distants, jusqu'à ce qu'une étincelle allume notre passion. Alors là, il y a un contraste qui est saisissant. On passe de la timidité à l'éloquence, du silence à l'enthousiasme en un instant.
Notre monde intérieur est comme un océan profond, mais contrairement à l'introvertie classique qui gardera ses trésors pour lui-même, on cherche parfois désespérément à partager nos découvertes. C'est pour ça que je fais ce balado, vous comprendrez bien. Simplement, on peut être sélectif quant à nos interlocuteurs. Notre relation au temps et à l'attention. Alors, si la modernité souffre d'un déficit d'attention chronique, les wild introverts possèdent la capacité rare de s'immerger complètement dans leur centre d'intérêt. Mais, hélas, cette immersion profonde se fait souvent au dépend des convenances sociales. Peut-être d'où notre tendance à oublier les fêtes de famille, tout en nous souvenant parfaitement d'une conversation philosophique tenue trois ans plus tôt.
On vit dans ce que le philosophe Byung Shul Han appelle le temps profond. J'adore ça, ce concept. Cette capacité à nous plonger dans une réflexion sans égard pour l'écoulement des heures. C'est à la fois notre don et notre malédiction. Notre relation à l'attention est tout aussi singulière. Elle est soit totalement présente, soit totalement absente.
C'est pas étonnant qu'on soit souvent perçus comme dans la lune. Lors des interactions sociales, notre esprit voyage constamment entre l'observation minutieuse et vagabond d'âge mental profond. Comment on navigue dans le monde? Eh bien, les Wild Introverts ont développé des stratégies de survie uniques. D'abord, La socialisation sélective. On choisit soigneusement nos interactions.
On privilégie la qualité sur la quantité. Aussi, l'exploration en solitaire. On découvre le monde à notre rythme sans le filtre des attentes sociales. La contemplation active. Notre réflexion n'est pas passive, mais intense et souvent orientée vers l'action. Les rituels énergétiques, on a des routines précises pour recharger nos batteries.
Les connexions profondes, on cultive des amitiés intenses mais plus nombreuses. Notre expression unique, je vous invite à noter ce qui vous parle le plus. Je vais vous dire des phrases et noter ce qui s'applique à vous. Je ne montre généralement pas d'enthousiasme dans les situations sociales, mais quand je suis véritablement passionnée par quelque chose de créatif, je m'enflamme comme un feu d'artifice à la Saint-Jean. Est-ce que ça vous parle? De l'extérieur, je peux sembler calme et ordinaire, mais à l'intérieur de ma tête existe un monde imaginatif riche, vibrant et totalement fou. Est-ce que ça vous parle? J'ai un désir vorace d'apprendre des choses nouvelles et complexes, mais je ne supporte pas les événements de réseautage. Vous voyez si ça résonne. J'adore partir à l'aventure en sac à dos ou dans la forêt, mais j'ai besoin ensuite de solitude pour digérer l'expérience. Hum, moi ça me parle. Je peux paraître effacé dans un soupir de famille, mais quand je crée quelque chose qui me passionne, rien ne peut m'arrêter. Et finalement, je préfère généralement le calme, mais quand je me sens en sécurité, je cherche les sensations fortes. Alors, si vous avez vigoureusement acquiescé à la plupart de ces affirmations, vous êtes probablement un « wild introvert », selon Kaufman. Si on parlait de notre contribution unique dans un monde qui valorise toujours le « parle fort, prends ta place, affirme-toi, vends-toi », les « wild introverts » apportent une contribution essentielle, celle de la profondeur. Parce qu'on est ces personnes qui, au milieu du brouhaha des opinions, prennent le temps de penser véritablement, qui reviennent dans le monde ensuite pour partager leurs découvertes lorsqu'elles sont mûres.
Et on incarne ce que Kaufman appelle l'introversion créative, cette capacité à pulser dans sa vie intérieure pour créer, innover, apporter une perspective unique. Comme je travaille dans le monde du leadership, j'ai pensé faire un petit bout sur les wide introverts et le leadership, voir ce que ça donne quand on est un gestionnaire, un leader, parce qu'on a longtemps cru que le leadership appartenait aux extravertis charismatiques. Et là, je mets ça entre guillemets parce que c'est un mot un petit peu galvaudé. Mais je dirais qu'aujourd'hui, en 2025, il n'en est rien, on le sait. Les introvertis, autant que les wild introverts incarnent un leadership différent, mais incarnent un leadership pour les wild introverts, ce qu'on pourrait dire de paradoxal. Parce qu'on inspire, non pas malgré nos contradictions, mais grâce à elles. On inspire, non pas malgré nos contradictions, mais grâce à elles. Notre leadership émerge de cette tension créatrice constante. On crée des visions en solitaire, mais on a besoin des autres pour les faire vivre.
Et on ne cherche pas à être le soleil autour duquel tout gravite, mais plutôt l'étincelle qui allume la créativité des autres. On voit les connexions que les autres manquent. On écoute vraiment. On revient avec une vision clarifiée. Le paradoxe, bien, on peut inspirer une équipe entière avec notre passion,
puis avoir besoin de trois jours seuls pour s'en remettre. Et c'est précisément ce qui crée un leadership peut-être plus humain, plus durable. » Alors, comment on fait? Embrasser notre nature paradoxale, peut-être que c'est un défi, parce que si vous vous reconnaissez dans ces lignes, je veux vous dire que votre nature paradoxale, ce n'est pas un défaut à corriger, mais une richesse à cultiver. Nous sommes des ponts entre le monde intérieur et extérieur, exactement comme on est en tant que wild introvert. Des pandas méditatifs un jour, des kangourous extatiques le lendemain, des ermites curieux, des silencieux éloquents. Et genre, le chauffeur philosophe le savait, la beauté se cache parfois dans l'attente, dans le silence et dans les paradoxes. Nous sommes des animaux sauvages qu'on croit domestiquer.
Alors, si on revient à notre question de départ, est-ce que l'introversion est une tension créatrice? C'est cette friction constante entre nos mondes intérieurs riches et le monde extérieur qui nous sollicite, entre notre besoin de silence et notre désir de connexion authentique, entre l'observateur et le participant. Cette tension, elle ne nous diminue pas, elle nous propulse, elle crée des étincelles, des moments de grâce improbables, des rencontres avec d'autres pandas cachés, des conversations avec des chauffeurs philosophes. C'est un élastique qu'on étire, plus on le tend entre nos deux pôles, plus il a de potentiel créateur quand on le relâche.
Alors ici, finalement, l'introversion n'était pas synonyme de retrait, mais plutôt le foyer d'une tension créatrice, un espace où le silence prépare des élans, où l'ombre recharge la lumière. où l'on s'éclipse pour mieux revenir. Panda, kangourou, où les deux à la fois, ce n'est pas un retrait, c'est un rythme, une respiration du monde à l'envers du bruit. C'est la fin de cet épisode sur les Wild Introverses. C'est, je vous dirais, un des épisodes que j'ai eu le plus de plaisir à faire. Alors, j'attends vos Vos rétroactions, est-ce que vous vous êtes reconnus un peu beaucoup passionnément, introvertis, paradoxaux?
Alors, j'aimerais vous lire, que vous soyez panda, méditatif, kangourou, extatique, un peu des deux. Laissez-moi un mot dans les commentaires, dites-moi ce qui résonne, ce que vous vivez, ce que vous créez. Parce que parfois, les wild introverts ont juste besoin de savoir qu'ils ne sont pas seuls dans leur coin de bord ou de l'univers.
Alors, c'était Pascal Dufresne pour l'art d'être humain. On se revoit dans quelques semaines. J'ai un autre texte que j'ai déjà écrit pour vous. Je vous souhaite une belle fin d'été et je vous envoie tout plein de joie et de tendresse. À tout vite.