17 clés pour un leadership de crise efficace et responsable

AUTHENTICITÉ - HUMANITÉ - SENS - CONSCIENCE- PERFORMANCE DURABLE

17 clés pour un leadership de crise efficace et responsable

17 CLÉS POUR UN LEADERSHIP DE CRISE EFFICACE ET RESPONSABLE.

LEADER EN TEMPS DE CRISE

J’ai été l’invitée de Radio-Canada Saguenay hier matin afin de parler de leadership de crise. L’angle : Partager aux auditeurs les apprentissages que l’on peut faire en termes de leadership de crise en observent nos leaders politiques.

–      J’avais un défi : La concision. La radio, c’est court. La chronique était d’une durée prévue de 8 minutes (au final, ça a été 5 minutes.) J’ai davantage l’habitude de l’écriture et de la profondeur. Comment ramener cela à l’essentiel ?

–      J’avais une préoccupation : Ne pas entrer dans une séance de « bashing » de qui que ce soit. On ne connaît jamais toutes les informations. Chaque leader a sa propre réalité et ses enjeux. Et comme je prône l’empathie et la bienveillance au quotidien, cohérence s’impose.

Donc….la chronique est ici à ce lien, disponible pour votre écoute.

https://ici.radio-canada.ca/premiere/emissions/cest-jamais-pareil/segments/entrevue/159428/coronavirus-leadership-trudeau-egault-pascale-dufresne?fbclid=IwAR2euNXTcSdrK8zPWznwovXBY9cY0iQuJEFpCWc_kZraap0tdPuAT9tIVDY

Mais et surtout…

Je trouvais important, en ces temps difficiles pour bien des leaders qui gèrent des crises, de vous partager l’essentiel de mes notes. En espérant fortement que mon début de réflexion vous soutienne dans les crises que vous avez à gérer. Il est possible que ce soit des choses que vous connaissiez déjà, que vous mettiez déjà en pratique. Mais en temps de crise, il est encore plus primordial de revisiter sa posture, son intention et son impact à chaque jour. En période de crise, le moment qui compte, c’est maintenant. On lead d’heure en heure, de jour en jour.

Soyez indulgent sur le format du texte, mon désir était surtout de vous livrer le tout le plus rapidement possible car chaque moment compte pour vous en ce moment, je le réalise très bien. Je vous ai regroupé le tout en 17 points afin de faciliter la lecture et que vous puissiez aller là où ça vous parle.

A partir de là, le temps venu, nous serons, en mesure de poursuivre la réflexion et profiter de cette crise planétaire pour faire grandir et évoluer les pratiques de notre beau métier qu’est le leadership. Ensemble, dans l’esprit du « NOUS ».

De tout cœur avec vous. ENSEMBLE, nous passerons à travers, leaders du Québec.

Vous trouverez ici-bas ce que je justifie être des qualités du leader à porter et incarner en temps de crise. En fait, des qualités à incarner en tout temps mais qui ressortent plus en temps difficiles.

Car on ne se cachera pas que l’on voit les qualités d’un leader ressortir en temps de crise. Tout comme ses limitations. Les crises créent des leaders et en détruisent d’autres.

LES 17 CLÉS DU LEADERSHIP EN TEMPS DE CRISE

1)    JONGLER AVEC LES DUALITÉS

Surtout en cas de crise, on peut constater la capacité du leader à jongler avec les dualités:

–       Être ferme mais bienveillant

–       Transparent et à la fois rassurant

–       Se montrer à l’écoute, empathique et vulnérable (touché lui aussi par la situation) et en même temps en parfaite maîtrise de la situation.

–       Gérer son impact et les perceptions tout en étant authentique et vrai

Trouvez votre balance.

2)    LIRE SES SYSTÈMES

En tout temps, se mettre au cœur de ses systèmes et en faire des lectures le plus juste, complète et pertinente possible. Se faire challenger et soutenir au besoin. Voir ses indicateurs et signaux d’alertes. Reconnaître les besoins/enjeux/préoccupations de ses parties prenantes.

3)    LES QUALITÉS HUMAINES

Des qualités dont on parle de plus en plus sont reconnues chez les leaders: bienveillance, écoute, humanité, capacité à être en lien, conscience, authenticité, empathie.

En période de stress psychologique et de crise, ces qualités sont souhaitables. Pour apaiser et soutenir nos troupes et se comprendre et s’apaiser soi-même. Ceux qui ont ces qualités se démarquent en situation de crise.

4)    LES QUALITÉS HUMAINES… OUI…MAIS PAS SEULEMENT…

On ne parle pas uniquement que de qualités “humaines”, de coeur. C’est aussi la capacité à aligner tête, coeur et action. Surtout en situation de crise. La tête est importante pour donner direction, clarté, alignement et processus. Donc, tête, coeur mais aussi l’action et le physique. Est-ce que le leader passe à l’action? Quel impact sur moi quand je l’observe et je l’écoute. Le leader est constamment regardé. On le voit. On voit même ce qu’il peut tenter de cacher. Ça nous démontre que même notre posture physique, notre façon de nous porter physiquement a un impact. Ceux qui sont capable d’aligner les 3 se distinguent :

Penser – Faire – Être.

5) INTENTION VERSUS IMPACT

Est-ce que ce que je créé = ce que je souhaitais créer?

6)    AVOIR UNE INTENTION

Et maintenir le cap sur son intention. Ça aide à répondre à la question: Au nom de quoi vais-je agir? Et de prendre des bonnes décisions. Cela devient notre principal alignement.

7)    CHANGER DE LIGNE DE TEMPS

Dans un contexte régulier, on vise une approche à long terme, durable, soutenue par une vision. Dans un contexte de crise, on doit surtout agir rapidement, heure après heure, jour après jour. Tout en ayant aussi en tête les impacts à long terme de nos décisions. Loin d’être simple, j’en conviens.

8)    S’INCLURE DANS L’ENJEU

S’il y a crise, en tant que leader, on en fait aussi partie! Les gens ont besoin de le sentir : que l’on fait partie de la même situation qu’eux. On est leader oui. Mais on est aussi père, mère, conjoint, enfant, grand-parent, collègue, voisin. Tous ont besoin de sentir qu’on est aussi impacté et préoccupé. Se montrer en super-héros, qui n’a pas peur et n’est pas touché n’aide pas. Cela créé une distance et brime la confiance. On veut sentir l’humanité de notre leader. Un des paradoxes du leadership : L’équilibre entre maîtrise de la situation (et donc par le fait même notre crédibilité) et démonter notre vulnérabilité. Se montrer touché. Pas froid et sans émotion. Ou tellement émotif qu’on sent qu’il ne se sait contenir et cela rehausse le niveau de stress. C’est là un grand défi du leader. De paraître à la fois fort, en maîtrise et rassurant mais humain à la fois.

9)    PRENDRE DES DÉCISIONS

Au jour le jour. Ce qui compte c’est le ici maintenant. Il faut accepter que notre discours peut changer d’heure en heure, de jour en jour. On ne sait pas nécessairement ce qui s’en vient.

Un leader doit montrer qu’il peut prendre des décisions. Le monde dans lequel on vit est Volatile-Incertain- Changeant- Ambigü. VICA. C’est notre nouvelle réalité. Prendre des décisions dans le monde VICA est difficile car nous n’avons pas toutes les informations, celles-ci changent sans cesse, à grande vitesse. En situation de crise, on gère d’heure en heure.

Voici aussi une belle opportunité pour se regarder en tant que décideur. Sommes-nous, dans notre posture de décideur, trop lent à réagir, en attente d’avoir toute l’information. Ou bien un décideur téméraire qui agit sous impulsion. Belle occasion de faire une prise de conscience. Quel impact ai-je sur mes équipes par rapport à ma façon de décider ou de ne pas décider.

Prendre des décisions aussi est une histoire de tête et de coeur. On doit avoir accès aux faits et informations. Mais on doit aussi cultiver la présence et la conscience, savoir se ramener au calme et à la quiétude dans le chaos. Se questionner sur le sens des décisions à prendre.

Dans le cas que l’on vit en ce moment, il vaut mieux aller trop loin dans les décisions que pas assez loin. Et agir rapidement. Viser la perfection ou être la peur de se tromper est le pire ennemi en situation de crise.

Au nom de quoi prenons-nous la décision? Le sens, la finalité de toute décision doit être claire. Dans ce cas-ci, c’est le bien-être de la population et les conséquences réelles sur celle-ci qui compte.

10)    NE PAS TRANSFÉRER LE STRESS SUR SES ÉQUIPES

Un leader ne veut pas transférer son stress à ses équipes. C’est là que cultiver les qualités de présences, d’ancrage devient essentiel. Suis-je capable de demeurer un leader conscient de ce que je vis et de véhiculer du calme et de la quiétude (au lieu du stress et de la pression) et rester centré à travers la turbulence et le chaos? C’est là que toutes les qualités d’intelligence émotionnelle, de gestion de soi, de présence et de conscience que vous avez cultivées vous servent.

11) COMMUNIQUER CLAIREMENT ET SOUVENT

Les gens sont stressés, anxieux, inquiets. Ils ont besoin d’être rassurés. Et d’entendre des messages clairs et concrets. Pas vides et mous. Pas de « bullshit ». D’autres dualités à gérer : Demeurer authentique et vrai, être transparent, mais être rassurant. Parler aux gens d’une façon mobilisante, empathique (vous comprenez leur réalité, vous en faites partie et êtes conscients et soucieux de l’impact de ce que vous leur demandez), mais ferme et convaincue.

12) LA FORCE DU NOUS : S’APPUYER SUR SON ÉQUIPE

Un leader n’a pas forcément besoin d’être l’expert. Il doit s’appuyer sur ses experts. Faire confiance à ses experts et prendre leurs conseils. Ça aussi c’est rassurant pour ceux qui nous entourent. On sent que les décisions sont bien appuyées. Et un bon leader s’entoure bien, sait quand il a besoin de soutien. Il accepte qu’il ne peut pas tout savoir. Et ne se sent pas menacé par ceux qui sont meilleurs ou en savent plus dans un créneau.

Faites appel aux leaders émergents. En temps de crise, de nouveaux leaders émergent. Donnez-leur la chance de s’impliquer et de vous soutenir. Comme M. Legault l’a fait en faisant appel aux jeunes leaders artistes et influenceurs. Un grand leader créé d’autres leaders.

13) PRÉSENCE ET LIENS

Soyez là, soyez présents. Gardez les liens. Certes, une distance physique nous est imposée. Mais la distance psychologique est à éviter. Elle est souffrante.

Instaurez des rituels qui favorisent les liens et les échanges. Nous sommes des êtres sensibles et hautement sociaux. Nous avons besoin de liens! Connectez. Régulièrement. De nombreux moyens virtuels existent.

14) CRÉER DE LA CONFIANCE ET UN SENTIMENT DE SÉCURITÉ

Créer un climat de confiance et de sécurité est une des premières responsabilités du leader. Cette confiance fait la différence entre: Ai-je envie de le suivre, lui? Est-ce que je peux croire ce qu’il dit? Est-ce que j’ai envie de m’engager et de faire ce qu’il me demande. La confiance se construit. En situation de crise, on compte sur la confiance déjà construite… Tout ce qu’on a bâti comme climat de confiance devient primordial.

Mais elle doit continuer à se construire, et d’autant plus!

Nous ne sommes pas un leader si les gens ne nous perçoivent pas en tant que tel! On ne peut s’auto-proclamer leader. Pour être un leader, il faut que les gens fassent le choix de nous suivre! Qu’ils nous fassent confiance. Quelques éléments mentionnés plus haut favorisent la confiance : une réelle présence, la proximité avec les gens et une communication fréquente.

15) ETRE FERME ET PARLER AVEC CONVICTION TOUT EN ÉTANT SENSIBLE À L’AUTRE

Avant, dans le leadership de crise, le Command & Control était notre modus operandi. Ne vous détrompez pas, il doit l’être encore parfois, en période de grande urgence! Mais maintenant on sait que l’on peut commander lorsque requis, en étant sensible à l’autre. Ça fait toute la différence.

16) RECONNAÎTRE

L’importance de continuer de donner des reconnaissances senties et à propos ne disparaît. Et j’insiste sur le mot “senties”.

Et de vous reconnaître vous-même pour ce que vous avez fait de bien à la fin de vos longues journées stressantes. Au lieu de mettre le focus sur ce que vous n’avez pas fait, ou pas fait assez.

17) PRENEZ SOIN DE VOUS

Ce point arrive en dernier mais cela ne veut pas dire qu’il n’est pas primordial.

Offrez-vous des moments de calme pour vous ressourcer, prendre du recul, relativiser, vous ancrer. Quand on prend soin de nous, on prendre par le fait même soin des gens autour de nous et de notre organisation. De plus, cultiver le calme et la quiétude aide à la prise de décision.

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À propos de l’auteur :

La quête d’une vie riche en sens a amené Pascale Dufresne à complètement réinventer sa vie professionnelle après plus de 20 ans en tant que conseillère dans des entreprises au Canada et à l’international. Elle travaille maintenant à accomplir sa mission soit réinventer les organisations et à en faire des lieux de travail inspirants, des espaces protecteurs et bienveillants où règne la confiance, où les gens peuvent être eux-mêmes en totalité et ont l’impression de contribuer à quelque chose de plus grand qu’eux.

Leader de sens, de vision et de performance, Pascale a exercé divers rôles de leadership et de conseil dans le domaine des organisations, dont celui de vice-présidente pour une entreprise de développement du leadership. Mme Dufresne est coach exécutive et conseillère en leadership humaniste, facilitatrice, auteure et conférencière. Sa pratique supporte la mise en place de cultures organisationnelles conscientes et humaines par le développement d’un leadership authentique, efficace et durable. Elle enseigne en 3ème année dans un programme de leadership humaniste de 3 ans.

Elle a publié en 2016 « Entre la tête et le cœur. Voyage intérieur pour se découvrir et s’accepter. » Parmi tous les auteurs à succès des éditions Béliveau, elle a été sélectionnée pour représenter la maison d’édition au Salon du livre de Paris en mars 2017.

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