LETTRE POUR MON AMIE

HUMANITÉ - SENS - CONSCIENCE- PERFORMANCE DURABLE

LETTRE POUR MON AMIE

LETTRE POUR MON AMIE

J’ai écris ce texte sans vouloir le publier au départ. Mon intention était de le déposer dans l’univers avec les émotions des derniers mois. Mais après réflexion, je vous le partage, en hommage à mon amie. Elle le mérite.

Mon amie n’a pas toujours été mon amie. En fait, elle était, vous savez, on pourrait dire l’amie d’une amie. On se croisait de temps en autres dans des activités et des soupers. Je crois que nous avions une attirance mutuelle par notre façon de voir la vie ce qui nous a amenées à faire une ou deux activités juste nous deux ensemble. C’est d’ailleurs lors d’une de ces activités qu’elle me raconte qu’elle a une bosse sur un sein et qu’elle est un brin inquiète.

Mais bon, début quarantaine, en super forme et je dis bien en super forme, pétante de santé, alors le premier réflexe est de se dire que c’est sûrement une fausse alerte.

C’est à ce moment que la vie de mon amie a été bousculée. Boum. C-A-N-C-E-R. Ce foutu mot de 6 lettres qui change la vie à jamais si elle ne te l’enlève pas.

Nous devions aller faire de l’escalade ce soir là. Je vous le disais, mon amie, c’est une active. Une coureuse, une grimpeuse, une skieuse, une yogi ; elle bouge sans arrêt. Nous avons annulé notre soirée car elle devait annoncer la nouvelle à ses deux petits gars.

J’avais les deux jambes sciées. Je pensais à elle, à ses garçons, sa famille et toutes ses bonnes amies. Incompréhension, impuissance, colère. Ce foutu cancer.

Mon amie a débuté ses traitements de chimio. J’ai un horaire flexible et comme la majorité des êtres humains, contribuer au bonheur de ceux que j’aime, essayer de leur rendre la vie un peu plus douce, les aider et bien ça me fait terriblement de bien. J’avais le goût d’être là pour elle. C’est à ce moment-là qu’elle m’a fait une place dans sa vie. J’ai eu le privilège de l’accompagner à quelques-uns de ses traitements de chimio. Et je pense que c’est pendant ces longues heures à jaser, se conter nos vies, nos peurs et nos bonheurs, à partager ces moments intimes où elle a mal, où elle est fatiguée, épuisée et qu’elle n’en peut plus d’être malade qu’on est devenues amies.

Mon amie, la coureuse, a vécu sa période de chimio comme son Xtrail qu’elle l’appelait, son défi ultime. Dans une course à obstacles, il y a des bouts plats où on respire un peu. Mais il y a des bouts difficiles où on a de le bouette jusqu’au genou et on se dit qu’on n’y arrivera jamais. Il y en de ceux, qui dans ces moments de défis s’arrêtent quelques instants, lèvent la tête et se disent combien le paysage est magnifique. Elle est comme ça mon amie. Tout le long, dans les moments difficiles, elle levait la tête et voyait le beau autour.

Mon amie, elle est rarement sur Facebook. Elle n’a pas partagé son histoire. D’ailleurs, elle ne comprend pas quand les gens lui disent qu’elle est une source d’inspiration. Elle est juste elle-même qu’elle dit. Moi, j’avais le goût de vous partager son histoire. Car à travers tout ça, on s’est rappelé que dans la vie, il faut laisser la chance aux gens qui nous aiment de nous aider. Parce qu’on a toujours besoin des autres. Et c’est beau l’entraide. Laissons aux autres l’opportunité de contribuer à notre bonheur.

Ce n’est pas facile d’être face à la souffrance des autres. Souvent, on ne sait comment réagir, on ne sait quoi dire. Et en voulant aider, on devient maladroit. Mon amie vous dirait sûrement que les regards tristes et les compliments un peu forcés sont ce qu’il y a de pire. Ils sont le reflet constant et le rappel de sa maladie. Elle vous dirait probablement d’être naturel, de lui demander comment a été sa fin de semaine, comment vont ses enfants, ce qu’elle a fait hier soir. Comme avant. Et peut-être juste lui dire que vous êtes là pour elle. C’est tout.

Mon amie va bien. Hier, on fêtait la fin de ses traitements. Elle est encore forte et souriante, et pleine de projets. Mais elle est différente aussi. Elle a appris une tonne de choses sur elle-même. Vous vous en doutez, laisser parler sa beauté intérieure, on en parle tous, mais c’est plus difficile pour une femme à faire qu’à dire quand tu n’as plus tes cheveux. Mon amie, elle, de l’intérieur, elle rayonne. C’était elle le soleil de la soirée hier !

C’était la première fois qu’elle s’organisait un party. Elle n’aimait pas ça avant. Mais tout a changé. Avant n’existe plus. C’est maintenant, juste maintenant. Et elle est prête pour vivre toute une série de premières fois, plein de nouveaux maintenants, je crois bien.

Cette place auprès de toi à jaser, se conter nos vies, nos peurs et nos bonheurs, à partager ces moments intimes où on a mal, où on est fatiguée, épuisée et qu’on n’en peut plus, j’aimerais la garder, si tu le veux bien, mon amie.

 

Je t’aime.

 

 

Tags: , ,

4 Responses

  1. Lise Laperrière dit :

    Bonjour,

    Très beau.

    Merci de nous avoir partagé ce texte.

    Bonne journée

    Envoyé de mon iPad

    >

  2. Un très beau texte rempli d’amour, de joie et d’amitié sincère 🙂 Merci pour ce magnifique partage !

  3. icrouzet2014 dit :

    Des mots qui nous donnent envie de souhaiter un bon rétablissement à ton amie. Le soutien fait toute LA DIFFÉRENCE dans une épreuve. Merci pour ce beau texte, simple et tellement ressenti.

  4. Domlachti dit :

    Tu as bien fait de le publier. Je le lis trop tard. Mon amie de plus de 50 années d.amitié n’est plus. Elle ne voulait plus voir personne. J’ai respecté sa demande, mais de plus en plus elle était si fatiguée qu’elle ne voulait plus non plus prendre les gens au téléphone, et maintenant elle est partie….. j’ai de la peine, elle n’a pas compris que ce n’etait pas du voyeurisme, mais de l’amitié comme depuis le début. Elle ne pesait plus que 35kgs. Foutu cancer !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *