LA JOURNÉE OÙ J’AI COMMENCÉ À PROCRASTINER

HUMANITÉ - SENS - CONSCIENCE- PERFORMANCE DURABLE

LA JOURNÉE OÙ J’AI COMMENCÉ À PROCRASTINER

LA JOURNÉE OÙ J’AI COMMENCÉ À PROCRASTINER

Comment moins procrastiner et passer davantage à l’action. Voilà le sujet sur lequel on m’a demandé d’écrire. L’ironie dans cette situation est que je suis en ce moment en réflexion par rapport à mon besoin d’être sans cesse dans l’action et mon désir d’être davantage dans l’accueil de ce qui a à vivre, à être; dans la confiance de ce que la vie a à mettre sur mon chemin.

De plus, la vérité est que je ne procrastine que très rarement. En fait, pratiquement jamais. Et l’autre vérité est que j’admire tant les gens qui sont capables de profiter du moment présent pendant que moi, souvent, je suis dans la rigueur et la discipline.

J’ai donc dû faire ma petite enquête auprès de mes amis « procrastineux » ainsi que faire des lectures sur ce sujet qui a été largement documenté. Mais cela n’était pas assez. Je me suis dit que pour pouvoir vous en parler de façon intelligente, je devais le vivre. Je me suis donc improvisée « procrastineuse » pour une journée.

La chance! J’accompagnais à ce moment un groupe dans une retraite de yoga et de développement personnel au Nicaragua. La procrastination fut donc des plus facile et agréable, mes temps libres étant meublés à commenter des statuts sur Facebook, prendre des « selfies » et me faire dorer la couenne au soleil. Génial la procrastination! Après seulement quelques heures, je me suis sentie drôlement empathique envers tous ceux qui procrastinent. Le délice du moment présent!

Normalement je planifie. Je prévois le temps que je pense devoir allouer à chacune des activités reliées à un projet ou une tâche. Je prends en considération les tâches connexes et les prérequis. J’anticipe les risques et ajuste mes temps en conséquence. Lorsque tout se passe bien, je termine toujours bien en avance sur mon plan et je peux ainsi passer à autre chose. Si un pépin survient, aucun problème, j’avais prévu du lousse dans l’horaire. Zéro stress. Cela semble lourd, mais je ne peux prendre aucun crédit pour cela. Le processus se passe dans ma tête à la vitesse de l’éclair. Je dois avoir hérité du gêne de la gère-mène.

Voyant arriver le jour J de la date de tombée de mon article, mes collègues et participants à la retraite, témoins de mon expérience, me questionnaient sur l’avancement de mon étude. A rebours, je ne pouvaient m’empêcher de passer en revue, à partir de l’heure de tombée, jusqu’à cet instant présent, les moments que je pourrai passer à écrire, en prenant en considération les activités prévues, le transport à l’aéroport, les vols, la journée suivant mon arrivée avec son agenda rempli mur à mur. Aussitôt, la boule dans l’estomac se faisait sentir, balançant nerveusement mon pied d’avant en arrière, me pinçant la lèvre du bas, je réprimais l’envie de sortir mon Ipad afin d’aligner des mots sur ma page blanche. Les chances que je puisse rencontrer mon engagement étaient de plus en plus minces!

Dans mon enquête auprès des mes amis qui procrastinent tous s’entendent pour dire que:

  • Primo, ils procrastinent lorsqu’ils ont a à faire quelque chose qui ne leur plaît pas.
  • Secundo, peu importe tous les trucs concrets et les divers conseils qu’on leur a donnés ou qu’ils ont lus, touchant la façon d’organiser et prioriser leurs tâches, c’est plus fort qu’eux, ils procrastinent quand même.
  • Tertio, le principal inconvénient de procrastiner est le stress associé.

 

Voici donc mes réflexions suite à mon expérience:

1- Que faites-vous quand vous procrastinez? Des choses qui vous plaisent! Celles-là, on ne les procrastine pas! Si vous procrastinez sans cesse, serait-ce parce que vous n’en avez pas assez des ces activités que vous aimez? La clé du bonheur est d’avoir le plus possible d’activités qui nous procurent un bénéfice à court terme, le plaisir, ainsi qu’un bénéfice à long terme, le sens. Si votre travail et la majorité de vos activités vous procurent plaisir et sens, je vous promets que le mot procrastination disparaîtra de votre vocabulaire. Les obligations sont inévitables, mais lorsqu’elles sont reliées à des activités qui ont beaucoup de sens pour nous, elles deviennent moins lourdes.

2- Se débarrasser d’une mauvaise habitude n’est pas facile. Mais pour ce faire, il faut une motivation. Si cette motivation est intrinsèque plutôt qu’extérieure à vous, elle sera bien plus puissante. Il faut que le bénéfice anticipé de la nouvelle habitude soit plus grand que la perte de l’ancienne. Si vous considérez que la souffrance reliée à la procrastination n’est pas si grande que cela, pourquoi changeriez-vous?

Identifiez donc les impacts collatéraux à la procrastination et mettez les d’un côté de la balance. De l’autre côté, mettez les avantages que vous retireriez si vous changiez votre habitude. Vous ferez preuve de davantage de fiabilité, augmenterez votre crédibilité et cesserez d’être en mauvais terme avec vos collègues, amis, votre patron? Vous limiterez les dégâts financiers? Et comment vous sentirez-vous une fois que vous aurez changé votre habitude? Au lieu d’un stress constant, vous ressentirez une sensation de paix, tranquillité d’esprit et de bien-être? Ce sont vos motivations intrinsèques. Si vous ne visualisez pas la balance pencher du côté des bénéfices, vous ne changerez pas.

3- Peut-être votre procrastination est-elle un symptôme que vous en avez trop sur votre assiette? Dans ce cas, qu’en diriez-vous de revoir vos priorités et de lâcher prise sur les activités qui ne sont pas vraiment alignées sur votre mission de vie? Révisez vos intentions et votre mission. Faites la liste de tout ce qui vous garde occupé. Pour chaque activité de la liste, demandez-vous si elle supporte votre mission ou pas. Si ce n’est pas le cas, pourquoi continuez-vous à le faire? Quel est le sens qui y est associé?

 

Après avoir soumis ce texte à minuit moins une, je retourne à mes vieilles habitudes, mais avec à l’esprit juste un peu plus de souplesse. Peu importe si nous sommes un procrastineux ou un rigoureux, ne nous jugeons pas trop sévèrement. Malgré une vie en parfaite harmonie avec notre mission et remplie de plaisir et de sens, il y aura toujours des obligations. Et il peut arriver que nous fassions le choix conscient de procrastiner, en sachant pourquoi et quelles en seront les conséquences. Et si vous décidez de ne pas procrastinez, c’est que vous savez que vous serez largement récompensés par le bien-être d’être à jour dans vos engagements et la possibilité de profiter du moment présent pour vrai, sans souci.

L’essentiel, comme dans tout, est l’équilibre ou du moins l’impression d’être en bonne voie pour l’atteindre…

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