Humanité et bonheur au travail
/ Ha ces blues du retour au boulot! 9 façons de les combattre
août 14, 2017
Backtowork-blues

Qu’on l’appelle le blues du dimanche, du lundi ou le syndrome post-vacances, la majorité des gens ont déjà ressenti cet inconfort qui peut être plus ou moins important et qui ressemble à une légère déprime lorsqu’on pense à notre retour au travail.

Cette déprime peut se traduire par des symptômes physiques tels que la fatigue, le manque d’appétit, les difficultés à se concentrer, la somnolence, l’insomnie, un rythme cardiaque anormalement rapide ou encore des douleurs musculaires diverses.

Au niveau psychologique, on peut se sentir irritable, anxieux, triste ou ressentir un je-m’en foutisme.

Une étude mondiale a été faite et montre que 62% des gens ont ce qu’on appelle le blues du dimanche soir : la journée du dimanche avance et avec les heures se produit une monté de l’anxiété en pensant à la reprise de la semaine. Arrive ce moment où on feuillette nerveusement son agenda et organise mentalement son temps pour la semaine à venir. Ouf, déjà lundi. Pourquoi faut-il que les week-ends passent aussi vite ? Ça vous arrive ?

Ce blues du dimanche soir, c’est une émotion. Inutile de lutter contre une émotion, celle-ci faisant partie de votre tableau de bord, comme une petite lumière qui s’allume pour vous signaler que quelque chose ne va pas. C’est comme votre « check engine ». Vous pouvez l’ignorer à quelques reprises mais les chances sont, qu’éventuellement vous tomberez réellement en panne…

Et si vous arrivez de vacances, la première question que je vous poserais, c’est : Avez-vous été réellement capable de vous reposer? Corps et esprit?

Car au Québec, le minimum de jours de vacances est de deux semaines. Dans plusieurs pays européens, il est de plus de 20 jours !

Dans cet article de La Presse, la psychologue Julie Carignan explique :

« Des études scientifiques tendent à démontrer que de vraies vacances devraient durer trois semaines, souligne Julie Carignan, psychologue et associée principale chez SPB psychologie organisationnelle. Mais plusieurs employeurs ne peuvent offrir cette possibilité. Le blues peut donc venir du fait qu’on a commencé à se reposer, mais qu’on n’est pas allé au bout de l’exercice. »

Lorsqu’une personne est très fatiguée, une première semaine permet de reposer le corps. Une seconde, l’esprit. C’est seulement à la troisième que l’on peut commencer à se réinventer et à innover, explique-t-elle. »

De plus, pendant vos vacances, vous reposez votre corps mais comme le dit cet article Québec-Science votre cerveau aussi a besoin de repos et les vacances lui font du bien.

En effet, votre cerveau ne devient pas oisif lorsque vous êtes en vacances, mais il ne fonctionne pas de la même façon. Lorsque nous sommes au boulot, nous accomplissons des tâches complexes, résolvons des problèmes, prenons des décisions, sommes des accros du multitâche. Cela fait appel à des zones cérébrales qui consomment beaucoup d’énergie. En week-end ou en vacances, nous les sollicitons encore mais pour des tâches plus légères : manger maintenant ou plus tard ? Mettre mon maillot blanc ou le bleu ? Prendre quel chemin pour aller au chalet ?

On sollicite davantage le réseau de mode par défaut (RMD) de notre cerveau lorsque l’on se livre au farniente explique ce même article. « Et que fait-on exactement lors­qu’on flemmarde dans son ha­mac, absorbé dans son RMD ? On rêvasse, on fantasme, on se projette dans le futur, on fait resurgir des souvenirs, on se rejoue des conversations, on passe en revue sa façon de traiter les autres, on replonge dans ses désirs et ses déceptions. On peut même avoir une illumination (que croyez-vous que faisait Archimède dans sa baignoire quand il a crié « Eurêka !» ?). Loin d’être une perte de temps, cette forme d’intros­pection est en fait une habitude très saine. »

Il y a plusieurs bénéfices à être capable d’activer cette zone de notre cerveau sur notre bien-être, notre ouverture à la nouveauté et notre créativité.

Donc quoi faire si on ressent ces états de déprime lors d’un retour au boulot ?

 

  1. Lâcher prise sur le lâcher prise

On nous bombarde de toute part sur la nécessiter de déconnecter complètement. Je nuancerais. Il est devenu évident qu’il est possible d’augmenter son niveau de stress considérablement en cherchant à diminuer notre stress. Paradoxe ! En cherchant à être plus ceci ou plus cela, incluant être plus « zen », plus en équilibre. Équilibre que l’on n’atteindra jamais. La clé est de trouver la recette qui marche pour nous. Et si cela veut dire prendre une heure de courriel le week-end ou la semaine avant son retour de vacances pour se sentir plus en paix, pourquoi pas ? Lâchons-prise… sur les leçons de lâcher-prise, sur les « il faut que », « il est essentiel que » et soyons à l’écoute de ce qui marche pour nous.

  1. Ma boîte de courriels déborde :

Soyons honnêtes, la majorité des courriels auxquels nous nous pressons à répondre ne pas si urgent. Possible que les courriels auxquels nous n’avons pas répondus immédiatement ont forcé l’expéditeur à se responsabiliser et trouver une réponse par lui-même. Et ne parlons même pas des tonnes de courriels où nous sommes en copie sans raison valable. Il y a de fortes chances qu’une partie de ce à quoi vous n’avez pas répondu… n’est même plus pertinent.

Mais pour rendre cette gestion de boîte courriel moins pénible :

  • Organisez votre boîte courriel en tenant compte des échéances
  • Gérez un mail à la fois
  • Faites-le en matinée, en arrivant : c’est mieux de commencer par ce que vous trouvez le plus rébarbatif
  1. Un peu de bienveillance n’a jamais tué personne. Au contraire.

Prenez un instant à la fois. Respirez. Accueillez. Ce que vous vivez est normal. Acceptez. Vous n’êtes pas un super héros. Et bien que vous aimiez votre travail et que vous vous sentez aligné sur votre mission de vie, vous êtes humain. Et chaque jour n’est pas nécessairement rose.

  1. Prévoir une transition

Si vous revenez de vacances, prévoyez une journée de transition entre le retour de voyage et le premier jour au bureau.

Bloquez votre agenda la première journée d’un retour de vacances ou quelques heures le lundi matin afin de vous laisser le temps de revenir tranquillement, gérer votre boîte courriel et établir vos priorités. Éviter une rencontre importante à 8 :30 lors de votre première journée !

Allez-y doucement…

  1. Important ou urgent ?

Et en parlant de priorités, ne pas oublier que :

Ce qui est urgent est rarement important et ce qui est important est rarement urgent. La plupart du temps, nous donnons la priorité à l’urgent et nous délaissons ce qui est important, mais pas urgent : notre équilibre de vie, notre développement personnel et professionnel.

  1. Dopamine svp !

Pensez à votre retour aussi en termes positifs : nouveaux projets qui vous stimulent, nouveaux partenaires de travails, nouveaux défis qui vous emballent.

Pensez à 2-3 petites choses qui vous feront plaisir dans la journée : une rencontre avec un ami, un bon diner à votre resto préféré, votre douce moitié qui vous attendra avec une bouteille de vin. Notre cerveau adore attendre des récompenses. Juste à savoir que de belles choses viendront, il génère de la dopamine. Un des 4 ingrédients chimiques qui contribuent à votre bonheur.

Et ! La dopamine vous aide à rester focusé et atteindre nos buts. C’est sa principale utilité. Elle donne enfin envie de faire et d’expérimenter. C’est donc gagnant-gagnant.

  1. Pratiquez la gratitude

Vous trouvez que c’est cliché ? Et bien peut-être. Mais c’est déterminant. Et ça marche ! Mettez le focus sur ce qui vous nourrit dans votre travail au lieu de ce qui vous manque et engagez-vous pleinement. Comment trouver le plaisir dans ce que l’on fait si on rumine constamment que le gazon est plus vert chez le voisin ?

  1. Prenez soin de vous

Prenez des marches à l’extérieur pour profiter du soleil et de la lumière. C’est peut être une chose qui vous manque après avoir profité d’un week-end ou de vacances à l’extérieur. Pourquoi ne pas organiser une rencontre avec un collègue lors d’une marche? En plus d’être agréable, ça change le décor et peut aider à générer de nouvelles idées.

Faites de l’exercice. Votre cerveau générera de l’endorphine, une des hormones du mieux-être.

Ayez une bonne hygiène de vie : bonne nutrition et une bonne quantité de sommeil.

 

Ceci étant dit….

Plusieurs trucs peuvent être mis en place pour « masquer » ce blues du dimanche, oublier le lundi ou rendre un retour de vacances plus doux. Mais mon conseil ultime serait celui-ci :

  1. Soyez présent à ce qui est là pour vous

Allez voir ce qui est réellement présent et vivant pour vous. Comme je le disais précédemment, ce blues du dimanche soir, cette déprime du retour au boulot, c’est une émotion. On ne peut réprimer une émotion. Elle est là pour nous indiquer quelque chose, pour pointer vers ce qui demande notre attention. Si vous sentez cette coupure entre la semaine et le week-end et ressentez ce blues du dimanche, écoutez-le. Il demande attention. Que vous dit-il ?

Parle-t-il de relations pénibles au bureau, d’un horaire qui vous épuise, d’un sentiment d’être enfoui sous une tonne de boulot insurmontable, de la difficulté à prospecter des clients et assurer la rentabilité de votre entreprise, d’ennui, d’un manque de sens, d’un patron qui vous tyrannise, d’un manque de focus et un sentiment de vous sentir sans cesse tiraillé et éparpillé, du sentiment d’être inutile ?

Présence et conscience sont la clé.

 

Si vous sentez que cet état de déprime perdure, il se peut que vous soyez face à un problème plus sérieux d’épuisement par exemple. Dans ce cas, le mieux est de consulter un spécialiste tel un psychologue ou votre médecin.

Car si vous êtes partis en vacances au bout du rouleau et dans un état d’épuisement professionnel, vos vacances vous serviront de convalescence mais n’auront pas l’utilité qu’elles devraient avoir, soit de déconnecter pour vous reconnecter à de nouvelles idées et aspirations ainsi que de créer de l’espace pour faire le plein de relations et d’énergie comme c’est le cas pour une personne en pleine santé.

Malheureusement, bien des gens tombent dans le piège de laisser l’usure s’installer et ne le sentent pas. Il est alors évident que le retour au travail est pénible car ils n’ont pas eu le temps, bien évidemment, de guérir en tout juste quelques semaines.
Et la vérité c’est qu’il ne faut pas apprendre à se reposer seulement une fois par année, pendant les vacances, attendre le week-end, l’escapade ou la grande vacance pour se permettre une décompression. Il faut le faire tous les jours. Soit par une activité qui vous permet de ne penser à rien d’autre (un sport, un loisir, un bon souper avec un ami, de la lecture). N’importe laquelle activité qui permet à notre corps et notre cerveau de se relaxer et qui empêche ce dernier de ruminer ces idées qui vous causent stress et inconforts.

 

Je vous souhaite un doux retour au boulot.

 

À propos de l’auteur :

La quête d’une vie riche en sens a amené Pascale Dufresne à complètement réinventer sa vie professionnelle après plus de 20 ans en tant que conseillère dans des entreprises au Canada et à l’international. Elle travaille maintenant à accomplir sa mission soit réinventer les organisations et à en faire des lieux de travail inspirants, des espaces protecteurs et bienveillants où règne la confiance, où les gens peuvent être eux-mêmes en totalité et ont l’impression de contribuer à quelque chose de plus grand qu’eux. Elle est experte en développement des compétences, coach en leadership, auteur et conférencière. Elle a publié en 2016 « Entre la tête et le cœur. Voyage intérieur pour se découvrir et s’accepter. » Parmi tous les auteurs à succès des éditions Béliveau, elle a été sélectionnée pour représenter la maison d’édition au Salon du livre de Paris en mars 2017.

Pour amener davantage d’humanité, de sens, de confiance et de bonheur dans votre environnement de travail, parcourez les conférences de Pascale : http://pascaledufresne.com/conferences/

 

P.S. Ce texte reprend ma chronique du 14 août 2017, sur les ondes de Radio Ville-Marie, 91,3 FM.

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